La Fesse, c’est important

En guise d’avant propos, je tiens à préciser que j’avais en tête, pour aujourd’hui, un billet du plus grand sérieux sur la vie, la dignité humaine, les valeurs personnelles, le respect de soi.
Quand soudain : je vécus l’un de ces accidents de la vie courante, vous savez… Et le destin immédiat de ce blog en fut changé radicalement.

Voici : j’ai manqué une marche de l’escalier dont je descendais (enfin… une selon la police, quatre d’après les organisateurs). Je fus donc projetée d’un coup fourbe et violent sur la partie la plus amortissante de mon corps… Ma fesse.

Pauvre fesse.

Je comparai le sérieux du billet auquel j’avais pensé initialement à la futilité apparente d’une fesse. Je repensai à toutes les fois, ici, où j’avais attrapé un sujet qui n’avait rien eu de drôle dans la vraie vie, le retournant à la faveur de l’humour. Pour rien, pour tout : pour rire, parce que c’est plus puissant que le reste. Parce que la vie, c’est mieux si on rit davantage.

Alors pour aujourd’hui, je vous sers de la fesse.

Vous savez, c’est ce qu’on dit souvent : « on ne réalise l’importance de ce qui compte vraiment qu’une fois qu’on le perd »… Ou qu’on le casse.

M’enfin pour moi c’est pareil : parce que je me suis cassé la fesse, et du coup j’ai mal. Et je perds, pour un certain temps, tous les avantages d’une fesse en bon état, et que je n’avais pas considérés aussi clairement jusqu’à présent : parce que je la prenais pour acquise, ma fesse. Celle de droite, je précise ; que vous sachiez vraiment tout.

Voilà, je me suis démonté la fesse, on pourrait croire que ce fut un plaisir : permettez-moi de vous dire que c’est tout le contraire.
Ce n’est pas une fessée que je me prends, mais bien une claque : réalisant dans cette épreuve l’importance de ce que j’ai perdu. Ma fesse.

Dans la douleur et l’ecchymose, je vois enfin la vérité en face : la fesse, c’est fondamental.

Avant de poursuivre, je me vois contrainte d’avertir mes chers lectrices et lecteurs qu’une partie non négligeable de ce billet a été censurée. La partie la plus intéressante à mon avis… M’enfin il paraît que ce blog est accessible sur l’Internet planétaire, et il était nécessaire, apparemment, de le rendre propre aux yeux des moins de 18 ans (il n’en demeure pas moins interdit aux moins de 16 ans).
Toutefois, quelques termes obscènes peuvent avoir échappé à l’œil avisé de l’Instance Interplanétaire de la Pudeur Bloguesque (dite 2IPB). C’est pourquoi j’ai jugé bon de remplacer, dans certains paragraphes, la lettre « C » par la lettre « M ».

Oui… Voilà, je suis tombée sur ma fesse et elle ne le prend pas bien. Pas bien du tout, même.

Et je dois dire : je l’avais sous-estimée, je ne savais pas qu’une fesse pût avoir tant d’importance. Jusqu’à ce que je la blesse profondément, et durablement (j’en ai peur).

Qu’entends-je par là ?

Hé bien par exemple : la fesse, nous en parlons beaucoup, et pas toujours en bien. Nous ne sommes pas toujours très gentils avec la fesse.
Et nous anticipons mal les conséquences néfastes de comportements aussi négatifs. C’est une histoire de karma. Un prêté pour un rendu : si tu parles mal de la fesse, elle te le rendra au centuple.
Et moi, qui viens de me péter la fesse (si si), je repense avec effroi à toutes les fois, ces dernières semaines, où j’en ai parlé avec légèreté, sans mesurer l’irrespect dont je faisais preuve.
« J’en ai assez de me péter le Mul (je vous avais prévenus, NDLR) à essayer de joindre un comptable qui se gratte les Mouilles et me facture un bras ! ».
« Ça sert à quoi que je me Masse le Mul à vous demander conseil si vous n’y répondez jamais et que JE vous apprends des choses sur la gestion comptable d’une SASU ?! ».
(Notez au passage que j’ai eu un souci de Mabinet Momptable, il fut un temps récent).

Même vous, j’en suis sûr, vous l’avez dit : « j’en ai plein le Mul », « tu vas me lâcher le Mul, oui ? », « Halala j’ai trop bu hier soir, j’ai la tête dans le Mul »…
Mais pourquoi lui voulons-nous autant de mal ? Et si nous lui fichions la paix, à la fesse, hein ?
Résultat : j’ai mal au Mul et je peux vous dire que ça me fait bien Mhier.

À bien y réfléchir, j’ai même une pensée émue pour tous ceux qui usent et abusent de l’expression : « ça me pète les Mouilles ! »… Songez-y…

Elles méritent le respect, nos fesses. Pas uniquement parce qu’elles sont toutes rondes et toutes dodues (et donc, carrément mignonnes), mais aussi parce qu’elle sont le centre de notre confort.
J’aurais bien été jusqu’à dire : le centre de notre plaisir. Mais c’est là que le joug de la censure m’est tombé dessus sans appel : j’aurais versé dans le politiquement incorrect car à coup sûr, à propos de plaisir, j’aurais parlé de Mul, ou pire, de MaMa. Le genre de choses qui ne sont pas pour tous les publics.
Je m’en tiendrai donc à vous dire ceci : où il y a de la fesse, il y a du plaisir.
S’il est une chose essentielle à retenir sur la vie, c’est bien celle-là. Je n’en dis pas davantage : je vous laisse méditer à votre guise sur ce point-là.

À défaut de plaisir, tenons-nous en au confort. On nous inonde de « Zone de confort », tous médias confondus.
Ho ben oui ! Cette Mouillonne de zone de confort : si tu restes dedans sans essayer d’en sortir, t’es qu’un Mon. Si tu passes ta vie en dehors, toi au moins, tu vas tout réussir. J’ai une opinion professionnelle sur la question que je ne vous livrerai pas ici : il ne faut pas tout mélanger, tout de même.

Alors on en parle et on en oublie que la vraie zone de confort, chers amis : c’est la fesse.
Je ne le savais pas moi non plus. Comme tout le monde, je pensais à un truc abstrait dont on parle dans les TedX et/ou dans les manuels de développement personnel.
Alors qu’en réalité, c’était bien plus simple et bien plus terre-à-terre.
À fesse en forme : confort.
À fesse brisée : point de confort. Extrêmement simple.

En cas de mauvaise passe de la fesse, tout est inconfortable et même douloureux. Dormir sur le dos, s’asseoir dans son fauteuil fétiche gris du salon que même les enfants n’ont pas le droit d’y toucher, s’avachir dans un canapé, se rouler dans l’herbe, sauter à cloche pied au milieu des carreaux du carrelage sans toucher les bords. Rien ! Tout ça devient impossible dès lors que la fesse souffre. Et pour espérer dormir sur mes deux oreilles, il faudrait déjà que je puisse dormir sur mes deux fesses. Malheur. Je vous dirais bien que ça me fait mal au Mul, rien que d’y penser. Mais je crois que je ferais mieux de parler d’autre chose.

Ensuite, la fesse, on la maltraite avec cette histoire de kilos. On passe des années à l’incriminer pour son poids et à l’accuser pour tous les jeans qui « tombent mal » ou qui sont soi-disant mal coupés. Ouais, le poids de la fesse : on en fait tout un plat.
Hé bien je vous le dis, moi, que le poids de la fesse il ne se mesure pas en kilos. Là, pour le coup, je vous parle d’une notion très abstraite : le poids de la fesse, il est inimaginable. La fesse est notre centre de gravité, et quand elle va mal, tout va mal. Sauf qu’on ne le sait pas : parce que quand la fesse va, tout va (j’avais un autre paragraphe coquin à ce propos, qui, hélas, périt à son tour par souci de bienséance… Dommage).
Moi je le sais, désormais, qu’avec une fesse à plat, on ne se baisse pas pareil, on ne marche pas pareil, on a du mal à se tenir droit, on tangue, on hésite. Bref : on en Mhie bien comme il faut oui !

Il m’arrive ici de revendiquer, de promouvoir, de lever le poing pour les causes qui comptent.
Ma plume rend hommage aujourd’hui à celle que l’on néglige trop. Il peut être malaisé d’aborder celle que l’on met tant d’efforts à dissimuler, l’objet de tant de convoitises, la VIP de nos arrières. Il faut oser. Et moi, vous commencez à le savoir : j’ose toujours oser, dès lors que cela me mène à prêter ma voix aux valeurs fondamentales de l’humanité. La fesse en est une. Et une de taille. Celle que l’on veut plus fine alors qu’elle est si belle quand elle est bien rebondie. Celle qui a essuyé plus de sièges durs, droits et inconfortables que le reste de nous ne pourrait le supporter. Celle qui nous vaut bien des instants de chaleur et de plaisir.
Aujourd’hui c’est à elle que vont tous mes honneurs : parce que la mienne est violet/noir/fuchsia à présent, et qu’elle souffre jusqu’au plus profond de son rebondi. Et je n’aime pas la voir comme ça : abattue, lasse, négligée. J’ai chus et sans réfléchir c’est elle que j’ai choisi de sacrifier pour protéger mes bras et mon dos : plus nobles, plus utiles, me disais-je. Et depuis, ma fesse mutilée rappelle à mon bon souvenir cette vérité que j’ignorais par excès de mépris.

La fesse, c’est important.

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9 Comments

  1. Mardge

    M’est Mon Momme sujet, mais j’aime beaumoup !

  2. Et voilà que j’ai lu de travers avec toutes ces histoires…
    « Moi je le sais, désormais, qu’avec une fesse à plat, on ne se baisse pas pareil »
    Allez je te laisse imaginer comme mon cerveau a interprété la chose »

    J’ai beaucoup beaucoup ri en tout cas. MERCI.

    Et voilà que je me passe toutes les expressions …
    A trop péter plus au que son Mul… les nouilles vont dé »border » !

    • Marie Grain de Sel

      Hahaha ! En me relisant j’ai eu exactement la même hallucination… Je crois qu’on a l’esprit mal tourné 😉
      À la lecture de ton commentaire, j’ai eu l’idée d’un édit, que j’ai inséré dans le billet : « À bien y réfléchir, j’ai même une pensée émue pour tous ceux qui usent et abusent de l’expression : « ça me pète les Mouilles ! »… Songez-y… »
      Ben ouais, c’est sérieux là,faut faire gaffe !

  3. LN

    OMG que ce billet est drole, que ce sujet est merveilleux! Et inspirant! Je vais ptet épancher mon envie bloggesque avec ce thème que tu me sers sur un plateau et que je traiterai en totale discordance avec les 2IPB 😉
    Merci à toi Marie, toujours sublime (meme avec une fessé violette).

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