À quoi peut-on dire qu’une ville est belle ? L’exemple de Brest.

On m’a dit que Brest était moche.
Brest est grise, Brest n’a pas d’âme, Brest a été construite en quadrillage comme chez les Américains.
J’ai fini par dire que Brest était moche, moi aussi. Pour faire comme tout le monde, peut-être. Je ne sais plus. Pour montrer que je n’étais pas dupe. Que je savais de quoi je parlais. Parce que j’étais d’ici, quand même. Pour dire que j’avais vu, moi aussi.
Même ici, de bons vieux Brestois de souche dénoncent sa laideur, comme agacés qu’on ose dire parfois qu’en fait, elle est belle (chut, ne le dites pas trop fort, ils s’énervent facilement). Brest est moche, un point c’est tout.
Et comme je ne m’étais jamais posé la question, moi, de savoir si Brest était belle ou pas, j’ai dit qu’elle était moche. Un point c’est tout.
Oui mais maintenant, les gens me demandent : « c’est vrai que c’est moche, Brest ? ».
Hum… Bonne question… Non. Elle ne l’est pas. C’est bête hein : je n’avais pas fait attention. Parce que je m’en fichais. Mais maintenant que je suis ici, il faut que je donne la bonne réponse à cette question que je ne m’étais jamais posée : est-ce que, par hasard, Brest pourrait être belle ?

À quoi peut-on dire qu’une ville est belle ? Qui décide de ça ?

Moi, je ne m’étais jamais posé la question : Brest, je la vivais.
Brest s’est imposée à moi par les liens du sang. Elle n’avait pas besoin d’être belle. Tout ce dont j’avais besoin, c’était que Brest restât Brest. Pour m’accueillir encore. Et peut-être un jour, définitivement.
Qu’il y ait toujours le Port de Co pour que j’y use mes semelles les après-midis d’été, d’hiver, de printemps. Pour que j’y hume l’iode sur fond de mouettes. Dans le soleil ou la grisaille. Dans la bruine et dans le vent, pour que j’aille me sentir toute petite à côté de l’Abeille Bourbon, fière à côté de la Recouvrance, vivante face à la Rade. Pour boire des coups au Tara Inn, manger un bout sous le cours d’Ajot, et acheter du chocolat au Comptoir Irlandais.
À Brest je voulais voir la rue de Siam, qui a changé tant de fois de visage ces trente dernières années. Qui a eu la bonne idée de laisser Dialogues où elle se trouvait. Et c’est tant mieux : parce que c’est la plus belle librairie que je connaisse, dans le monde entier. Et j’ai voyagé. Et mon père est libraire, donc je devrais être parti pris. Par solidarité filiale. Mais à choisir, je choisirais Dialogues, à Brest, dans son écrin de Siam*. Ses 2 niveaux, ses verrières, son café, ses rayons où je trouve tout, ses livres à l’infini et son esprit brestois. Qu’est-ce que c’est, l’esprit brestois ? Je ne saurais vous dire avec exactitude. Mais je sais que la librairie Dialogues le possède.
Je me fichais de savoir que l’hôtel de ville eût des airs néo staliniens : moi je le trouvais grandiose. J’aimais observer les gens qui posaient souriants sur ses marches, juste avant de se dire « oui ». Ou juste après. De là haut, voir la Rade comme par enchantement. Et juste à mes pieds, les jets d’eau sortis du sol comme par magie pour rafraichir des enfants aux rires cristallins dès qu’il faisait trop chaud.
Je me fichais des allures austères de la fac de Brest. Parce que j’avais usé mes fonds de pantalon sur les bancs de Paris IV, à Porte de Clignancourt, en deuxième année de DEUG (quand il y avait encore des DEUG). Et que s’il faut parler de laideur alors oui : parlons de Porte de Clignancourt et de ses odeurs de merde le matin, à 8h…
À Brest il y avait la riche histoire de ma famille. De ceux que je connaissais, et des autres, partis avant que j’arrive. Mon existence que je devais à des marins qui avaient suffisamment voyagé pour faire ce qu’ils font souvent : ramener à Brest la femme qui avait saisi leur cœur pour fonder avec elle une famille. Ici.
À Brest avait disparu l’enfance de ma grand-mère dans les ruines d’une ville entièrement rasée par les bombardements. Vous savez, quand on dit « complètement rasée » en parlant de Brest, ce n’est pas juste pour faire les malins. Non non. La ville a disparu. Plus rien. Puis elle est réapparue. Sortie de terre par-dessus des couches et des couches d’immeubles du passé, disparus à jamais avec le monde d’avant.

Et la Brest d’après, d’aujourd’hui, fut reconstruite avec tant de hâte qu’il n’y eut pas le temps de la faire belle.
C’était ce que je disais : pour expliquer la mocheté brestoise.

Et un jour, j’ai vécu à Brest. Alors j’ai vu Brest.
Et puis je suis venue. J’ai posé mes cartons et j’ai regardé autour de moi cette ville que j’avais acceptée pour être moche.
Et je l’ai vue. Et quelle surprise !
J’ai vu les barres d’immeubles qui faisaient ressembler certains quartiers brestois à n’importe quelle bourgade de banlieue parisienne, lyonnaise, lilloise… Bref : à n’importe quelle banlieue.
J’ai vu des façades grises, oui, et même quelques immeubles laids, prêts à s’effondrer.

Et j’ai vu tout le reste.

J’ai vu Brest.
J’ai vu comme les façades multicolores de Kerinou s’éveillaient au soleil. Notant au passage que oui : il y a du soleil à Brest. Au moins une fois par jour, comme le dit la légende, qui n’en est pas une. Foi de brestoise : ce soleil-là, je le guette tous les jours et tous les jours il paraît, au moins une fois. Parfois même des journées entières. C’est ce qui donne à Brest ses relents de côte d’azur. Ou d’Irlande. Suivant les humeurs.
J’ai vu le pont de Recouvrance, dressé majestueusement entre la rive gauche et la rive droite. Entre ce Château magnifique, qui se visite pour pas un rond ; et la tour Tanguy. J’ai vu, en empruntant le pont de l’Harteloire au petit matin, la ville entière perchée sur sa colline, se parant des roses et or du soleil qui n’était pas intimidé par l’hiver.
J’ai vu les murs des Quatre Moulins et leurs scènes de la vie d’ici, peintes dans les couleurs que nous y voyons. Car Brest, ce n’est pas le gris, finalement. Et il faut la regarder en vrai, pour le voir. Les couleurs de Brest sont l’ocre, le saumon, tous les bleus, de l’azur au marine, en passant par le ciel. Les roses et les oranges de feu. Le vert profond des bois qui l’enlacent. Les violets de ses hortensias, et les blancs. Les blancs des voiles et des coques de bateaux. Le blanc des nuages. Les blancs des mouettes et de l’écume.

Et mon coeur a battu, aux pieds de Saint Louis : quand j’ai respiré les fleurs qui y poussent au printemps. Quand j’ai levé les yeux vers son clocher, si haut, que mon grand-père avait hissé là.

Comment Brest fait-elle pour être si belle ?
Brest est devenue belle sans que je le fasse exprès. Comme une personne est indiscutablement belle dans les yeux de ceux qui l’aiment. Parce qu’ils la regardent vraiment. Profondément, pour tout ce qu’elle est, pour tout ce qu’elle vit.

Brest, je l’ai regardée pour de bon. Je l’ai vue si belle de ses imperfections : comme cette femme qui aurait une ride là, une cicatrice ici. Un truc en trop ou en pas assez. Une femme, une vraie de vraie, qui aurait ce charme-là d’avoir vécu, respiré, existé. Et qui le porterait sur elle avec majesté. Qui, dans tous ses contrastes, dans tous ses paradoxes, dans toutes ses surprises serait, sans savoir comment : magnifique.
Brest n’est pas belle comme Paris. Elle n’est pas belle comme New York, elle n’est pas belle comme Athènes. Mais, croyez-moi, elle n’est laide ni comme Paris, ni comme New-York, ni comme Athènes.
Longez l’Arsenal au lever du soleil, regardez Plougastel au détour de Saint Marc, allez faire du paddle au Moulin blanc, admirez la Rade depuis le pont en allant ou en revenant de la presqu’île. Mangez Thaï, Indien, chinois et italien, j’ai de bonnes adresses. Montez et descendez la rue Jean Jaurès dans le crachin d’automne et dans les rafales d’hiver. Sentez la mer et écoutez-la vous raconter les secrets de cette ville qu’elle a vu dans ses pires heures comme dans ses jours glorieux. Venez, et vous verrez.
Brest est imparfaite et c’est parfait comme ça.
Brest est moche et Brest est multiple. Il n’y a aucun endroit au monde comme Brest. Pour voir à quoi ça ressemble, il faut donc venir à Brest. Brest est unique. Brest est Brest.
Avec son âme vieille et jeune, cassée, balafrée, humide et ensoleillée. Brest est liftée et pimpante, ridée et craquelée. Brest voit la mer où qu’elle se tourne. Elle la surplombe avec son charme et son humour. Son air pince-sans-rire et ses accents de partout.

Brest, et son âme…
Brest, et je le dis maintenant en sachant complètement de quoi je parle.

Brest est belle.

 

 

* En vrai, ma librairie préférée reste celle de mon père : l’idéal serait qu’il devienne le patron de Dialogues et là ce serait tout bon.

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113 Comments

  1. Bravo, jolis mots pour une ville…moche?
    Ce ne serait- pas agent immobilier pour nouveaux arrivants que tu fais comme métier? Parce que à force de faire rêver les gens, ils vont tous arriver en courant.

  2. Flo

    J’ai grandi à Lorient. Même histoire, même beauté complexée 😉

  3. CathySealing

    C’est moi qui avait posé cette grande question sur Instagram 🙂
    Merci pour ce magnifique article, très inspirant et vibrant de l’amour que tu portes à cette ville ! Le choix de mon futur chez moi n’est pas totalement mien, ce sont les universités qui doivent me choisir maintenant mais c’est agréable et rassurant de me dire que si j’atterris à Brest, je verrai tout ça, car je suis certaine d’être capable de le voir (rien que la proximité de la mer, l’ambiance chargée d’histoire marine, ça me parle tout de suite, étant donné que je fais de la voile !).
    La meilleure solution serait que je vienne voir par moi même, et ressentir sur place, car la dernière fois que j’ai mis les pieds à Brest, je n’avais que quelques mois :p

    • Oui le plus important c’est que tu sois prise dans une université qui te conviendra ! Et si c’est Brest, il se peut que tu te régales 😉 (et si tu n’aimes pas, tu sais : on peut toujours changer d’avis, c’est pas graaaaave ! )

  4. M. Grain de Sel

    Si, elle s’appelle « Brest » par Miossec et c’est la dernière de la playlist 🙂

  5. j’adore ce billet ! Il y a pas longtemps je disais à une journaliste que j’aimais Lorient parce qu’il fallait apprendre à l’aimer. Au fait, on est à Brest jeudi avec Céline, tu es dispo pour déjeuner ? Bises.

  6. Loo

    Joli article.
    Mais ya un truc qui me dérange, t’as vraiment surfer au Moulin Blanc ?
    C’était en 99 ?

  7. juan

    Oui enfin comparé un des plus moche quartier de Paris , porte de clignancourt avec Brest, relève de la malhonnêteté intellectuelle. .. Brestois depuis toujours, parisien depuis un an (5 ème), je ne me lasse pas de la beauté de la ville lumière. Après, c est pas pour dire que Brest est moche.. mais depuis qq temps endormie et voix de paupérisation. Mon appart rue de la république est revenu à une valeur de 2003! Même les magasins ferment à Siam…

    • Oui je connais bien Paris, et pas que le 5ème… Plutôt comme ma poche même. En fait, les deux villes ne sont pas comparables, c’est vrai. Je n’ai à ce jour jamais vu de ville qui tienne la comparaison avec Paris en terme de beauté.
      Moi je trouve ça bien que les gens qui n’aiment pas Brest la quittent. Moi aussi quand j’en aurai marre je partirai.

  8. juan

    Ça n est pas parce que je ne l aimais pas que je l ai quitté, rien à voir. Restons objectif sur des signe inquiétants sur Brest. Ce qui M énerve c est le chauvinisme aveugle de certains.

  9. Motoko

    Bel article, juste une petite erreur sur le pont de l’Harteloire, il porte un H 😉
    Sinon merci pour cette belle plume !

  10. Moi tout simplement

    Penfoul 😉 c’est quand même encore mieux que Brest 😉
    Et oui, Landunvez et sa côte touristique et ses chevaux…. ca j’ai jamais vu à Brest 😀 😀
    Mais Brest est belle en effet!

    • Ha oui un truc qui est sûr : quand on vient à Brest il FAUT aller se promener hors de Brest. Longer les côtes. Parce que là, quand on parle de beauté, on ne joue plus dans la même catégorie : la côte Finistère est à couper le souffle (à mon avis)

  11. Je n’aurai pas rêvé de plus bel article pour parler de ma ville d’adoption depuis bientôt 4ans, moi ma Parisienne de cœur.
    Brest est Brest et je refuse effectivement de dire que cette ville est moche car Brest se vit, Brest ne se raconte pas… ou si, Brest se raconte mais pour en dire les beautés comme tu les a si bien présentées. Alors merci pour cette ode magnifique à ta ville et à celle ville que je découvre jour après jour.

    • Merci ! Comme toi je prends plaisir à découvrir Brest chaque jour un peu mieux. Même au bout de 32 ans de relation (et 2 ans de vie ici seulement) elle a des secrets à me révéler, et j’adore ça !!!

  12. NLG

    Aaaaaaahhhhhh ! Enfin quelqu’un qui trouve les mots exacts pour exprimer ça, cette beauté de Brest, ce caractère… Et puis Dialogues !! MERCI !

  13. Thierry Abbaléa

    Bonjour,
    Merci pour ce bel article, petite correction à apporter, vous ne pouvez pas surfer au Moulin Blanc ou alors vous l’avez fait quand Brice de Nice est passé à Brest!

    • Merci Thierry ! J’ai ri avec ton commentaire 😉 Il faut que je mette la main sur la personne qui m’a dit qu’elle surfait au Moulin Blanc pour lui demander des comptes !!!! Il faut faire comme moi : aller à Penfoul, parce que non seulement il y a des vagues, mais en plus c’est magnifique (Brice de NIce aimerait beaucoup je pense). Merci pour ton com !

    • Bernard Guéguen

      Bonjour Thierry, que de viens-tu?

  14. Merci Marie pour ce bel hommage à Brest. Je vis loin de Brest à présent et ton article m’y a transportée. Comment expliquer que cette ville « moche » me manque autant? Je crois que tu l’as très bien expliqué!

    • C’est parce qu’elle est moche mais qu’elle est belle 😉 Merci pour ton commentaire, je suis touchée que mes mots aient cette résonance en toi, et en d’autres, parce que j’ai écrit tout ça comme ça m’est venu, et avec le coeur !

  15. Rémi

    Bonjour. Bravo pour votre article. De mon coté, je reste peut être un peu plus circonspect et l’on peut regarder de façon moins idéalisée certains points que vous mettez en valeur. Mais il n’en reste pas moins qu’il demeure une « idée de Brest » au delà de la grisaille, de l’incertitude du positionnement du centre ville et des rues tristes. Une idée comme un souvenir, de vie personnelle et d’histoire maritime de la ville, qui ne demande qu’a naître sous forme de « pride building ». Déjà des recettes éprouvées ailleurs commencent à porter leurs fruits, principalement, je crois, dans le dynamique et créatif quartier des 4 moulins, avec ses fresques, sa politique d’incitation à la rénovation des façades en bannissant le gris et le projet des Capucins. Pour le tramway, c’est plus contrasté car l’aspect « minéral » des rues de Siam et Jaurés ne favorisent pas une ambiance chaleureuse. En tout cas merci beaucoup pour votre excellent billet.

    • Merci Rémi ! Je suis émerveillée par ce drôle de visage de Brest. Tout ce qu’elle a de moche, en fait, je trouve ça beau : ça a pris vie dans Brest pour en faire cette ville si particulière, habitée par des gens particuliers, eux aussi.
      Et c’est vrai qu’il y a plein de projets en cours pour changer les visages de la ville : à suivre !

  16. J’ai adoré ce billet. D’abord parce que tu écris tellement chouettement comme à chaque fois, ensuite parce que je ne désespère pas de venir y vivre quelques années. Et que quand il en a été question si tu savais le nombre de fois où j’ai pu entendre « hanlalalalalala mais vous allez vous suicider de laideur suffocante, de pluie et d’alcoolos »…

    • Haaaa ! Comme j’ai lu dans le regard des gens : « je ne pensais pas que tu étais assez bête pour partir dans une ville comme Brest ». Si, je suis assez enthousiaste pour ça (pas bête) 😉

  17. Véro

    Bravo. Brestoise d’origine, j’ai eu la chance d’y revenir, de la redécouvrir avant d’en repartir. Oui, Brest est belle… Par son architecture, par l’air qu’on y respire, par ses couleurs (Brest la blanche ne l’est pas tant que ça), par sa lumière, par sa verdure mais avant tout et surtout par ses gens ,par leur accueil, par leur chaleur, par leur ouverture d’esprit… Et par la qualité de vie qu’ils y créent….

  18. Balboa29

    Brest peut être vue belle ou bien moche par les uns ou les autres, en tout cas, notre initiative de vouloir la mettre en avant dans un clip dansé en 2013 n’a donné AUCUNE réaction de ses élus. AUCUNE !!!!!! Je suis dégoûtée… Pourtant, on l’a mise en avant d’une belle façon, je trouve, cette ville… Jugez-en par vous-mêmes : https://youtu.be/S_LDGhZixaA

    • Oui !!! On y voit tout Brest ! Il faut les relancer !

      • Balboa29

        On n’a fait que ça, les relancer, les uns et les autres, et pas qu’une fois. Jamais une seule réponse…….. désespérant !

    • Scolan

      Balboa, j’ai adoré dès leur publication vos fourmis dans la culotte et et les autres « lylydance » du groupe !

      Au point de me demander si je n’allais pas vous rejoindre.
      Juste pour danser.
      Même si je ne suis pas très douée, et surtout que je fatigue vite…

      Toi et tes potes, vous avez superbement illustré notre ville et sa bonne humeur, et tous les endroits parfois un peu froids mais que l’on peut enchanter avec presque rien, juste de la vie, car nous y vivons.

      Et c’est dommage que vos vidéos soient passées presque inaperçues…
      Elles sont de très belle qualité !

      Inutile de préciser que j’aime Brest, et ses environs !

      Continuez à danser, surtout !
      bises

  19. Brest a le charme de la laideur. Le charme ça dure, ce n’est pas figé et c’est pour cela que je reviens vivre à BREST dans 1 mois YEAH !!!!!!

  20. Djorak

    J’ai quitté Brest. Et je ne sais pas si j’y reviendrai un jour pour plus longtemps que quelques jours chez la famille. Mais ça reste MA ville. Celle où j’ai grandie, où j’ai trouvé mon premier boulot en sortant des études. Quand on me demande d’où je vient, la seule réponse possible c’est de Brest mêm’ que c’est.

    Et oui je suis coupable de dire que la ville est moche pour faire comme les autres. Et pourtant je connais tout ce qui fait de Brest une belle ville; ça me manque d’autant plus maintenant que je n’y suis plus.

    Mais je ne le dirais plus, fini. Merci pour l’article. 🙂

    • Moi aussi j’ai arrêté de le dire, qu’elle était moche. Je l’ai tellement dit. Et puis en fait ça ne veut rien dire. C’est comme une personne, on ne peut pas dire que quelqu’un soit complètement moche : un sourire, une étincelle dans le regard, la douceur d’une voix, une personnalité… La beauté c’est beaucoup de choses, qui se mélangent au moche pour créer de l’unique 😉

  21. Johann

    Belle ou Moche, en tout cas ça m’a donné envie de me faire ma propre opinion.

  22. Charlottes

    Je ne suis pas Brestoise et pourtant j ai eu des frissons tout le long de cette lecture. Je me suis dis  » mais c’est moi qui écris ce billet  » . Brest m’a adopté, parceque Brest c est le mélange, Brest avec son port qui brasse des marins de tout pays , qui fait s’envoler les âmes voyageuses ( mais qui reviennent toujours) . Brest c est la culture sous toutes ses faces, littéraire, photographique, c est ses galeries d art ses bars qui donnent envie de rester..mon rêve : revenir à Brest et boire une despe bien fraîche sur le port de co à regarder l activité du port, des gens, des mouettes…a prendre des bouffées diode et repartir ivre de cette terre qui m a tant donné.

  23. Ravennae

    MERCI ! Merci beaucoup même. Je commençais à me croire folle lorsque je disais que Brest est une ville magnifique. J’ai eu la chance d’y faire mes études une année, mais je connaissais Brest depuis le berceau, ma famille y ayant grandi. Et même en ayant vécu dans la majestueuse Quimper, dans la respectable Rennes, Brest restera à jamais LA ville. Je n’ai jamais compris les gens qui trouvaient cette ville laide. Les grandes villes tels que Paris m’ont beaucoup plus donné cette impression. Mais comme tu le dis, chacun voit la beauté à sa façon et où il la cherche.

    • Oui la beauté, elle est dans les yeux de ceux qui la regardent, donc c’est très subjectif… Et je crois qu’on peut facilement la voir partout (notamment à Quimper et à Rennes, où j’ai vu beaucoup de beauté !!!)

  24. lionel

    Le ciel est souvent gris a BREST ,c est déprimant à la longue,mais quand le soleil revient je retombe amoureux de cette ville…Va comprendre!

  25. Sophie

    Très bel article ! je pense que de nombreux brestois s’y sont retrouvé :). Pour ma part je n’ai jamais trouvé Brest aussi belle que depuis que je l’ai quittée, une chose est sûre j’y reviendrai à court, moyen ou long terme. Et même si Nantes est ma ville depuis 6 ans, Brest, c’est chez moi, et ça le restera 😉

  26. Elard

    Vous écrivez bien mais par contre je ne partage pas votre idéalisme de Brest.
    Vous êtes payée par les élus sûrement.
    Vous enjolivez une ville qui se meurt, surtout le centre ville. Elle me fait pitié ma ville.
    La municipalité est responsable de ce dégât avec ce tramway qui a tué le centre.
    Recouvrance c’est harlem et tout est à l’avenant. Quelle naïveté de croire que tout est magnifique. Ouvrez un peu les yeux.

    • Ce qui serait plus efficace (mais moins facile, j’en conviens) serait d’aller dire tout ça aux élus : en face. Je ne suis pas concernée par votre commentaire mais j’en retiens une idée fort belle : être « payée par les élus », ça me ferait de belles fins de mois. Merci, et qu’ils vous entendent !!!

  27. olivier

    très beau billet, merci
    quelques noms propres (à Brest) écorchés toutefois,
    on ne dit pas « port de co » mais « port de » (c’est Iffic, le maire du « port de » qui va pas être content)
    on dit le Tara plutôt que le Tara Inn, et les Quatre Moul’ plutôt que les Quatre Moulins,
    bref, que des détails
    encore merci !

    • Ho oui et le jargon brestois est encore bien plus vaste ! Est-ce que c’est moi qui écorche quand je choisis d’écrire des mots dans leur intégralité ou est-ce le jargon qui écorche en les coupant ? Je ne sais plus 😉

  28. LAMBE HAND DRO

    Superbe article…Quel bonheur de rentrer de vacances et d’apercevoir le panneau « BREST ».
    Brest, c’est Miossec, c’est les Goristes mais aussi Matmatha avec « Viens donc faire un tour a Lambé »…
    https://www.youtube.com/watch?v=eU8eXbw8DIk

  29. Hervé NN

    Brest est contrasté! toujours égale à elle même, des rues propres, pas de neige en hiver et toujours ce vent!(tu m’a marqué de ton sceau quand sortais pas bien couvert les jours d’hiver que je confondais souvent à des jours de printemps).
    Elle n’est si laide comme le dises les gens! elle est belle. En fin de compte tout dépend de la qualité de personnes que tu rencontre et ce que tu as à offrir.
    Que de belles soirées avec des amis sur le port de commerce dans ses bars plein à craquer le soir des champions league.
    Que de beaux souvenir des nombreuses soirées universitaires, des concerts en boites de nuits.
    Que de belles balades le weekend sur le port entre amis après un bon repas partagé de midi.
    Ces beaux moments d’apprentissage du kit surf.
    Ces Belles rencontres au Couchsurfing les mercredi soir.
    Pas tant laide que ça, elle est belle.
    Une ville peut devenir laide quand on se rend compte que tous ses amis avec qui ont a passé de bons moments et construit des choses ne sont plus là(c’est la tristesse de toutes villes aussi belle que l’on la prétend être). On se dit il vaut mieux peut être allez voir ce que l’ « ailleurs » a comme charme.
    Tous ses moments encrés quelque part dans nos mémoires à jamais.
    Thanks Brest pour ses moments.
    Vivement que l’on se retrouve tous (hélas certainement plus jamais tous, bientôt les obligations professionnelles et familiales qui arriverons) pour revivre ses bons moment!

  30. AMP

    Ben voilà, c’est la même chose pour moi.
    Brestois, j’ai toujours admis que ma ville était moche, jusqu’à ce qu’une amie m’apprenne à regarder les façades des immeubles (si variées) et à lever les yeux au ciel. Depuis je dis que ma ville est belle.
    On y voit des ciels à tomber par terre.
    Peu de villes je pense possèdent une lumière.
    : )

  31. Erwan

    Intéressant, cependant je dois mettre un bémol…
    Avant 90, Brest c’était vraiment gris. Et puis on a eu des aides municipales pour peindre les façades. Et là bd Jean Moulin s’est teinté de couleurs pastelles (une horreur selon certains a l’époque), tout comme de nombreux autres rues construites après guerre qui étaient restée en 40 ans toujours grises.
    Mes grand-parents ont vécu et grandi là, comme leurs parents, parfois même grand-parents, et plus. J’ai la chance d’avoir pu visiter la maison de la Fontaine, a Recouvrance, où ma famille a vécu. Mais sinon mes grand-parents me parlaient de cette ville qui était et qui n’est plus: le cours Dajot, qui était planté de 1000 variétés d’arbres avant guerre (ce sur quoi on pourrait travailler facilement, aujourd’hui: replantons des variétés diverses et exotiques), ramené de campagnes par les marins. Des maisons de maitre et autres hotels particuliers (car Brest était française par son architecture, avant d’être bretonne), mais aussi de la dénivellation entre Siam et Pasteur, qui arrivait a l’arsenal, et les quartiers mal fâmés de ce côté là de Siam.

    Dialogue (les Kermarec) a imposé sa vision de la ville, et je trouve toujours dommage de laisser de côté un pan de l’histoire, ou de la culture. Ils ont un côté intéressant, a mettre en avant la culture, les expos. Ça reste très… despotique selon moi.

    La fac est intéressante. C’était sympa d’y suivre les cours en tous cas. Le port reste pour moi un must aussi, un quartier a développer, a s’approprier.

    Et question musique, n’oublions pas Matmatah qui ont su parler de la vraie ville sans jouer la carte touristique (du genre Nolwenn Leroy par exemple).

  32. Jérémie

    Émouvante déclaration d’amour … Cette ville on l’a en nous dans le sang et dans les tripes…Brest a le mérite d’être celle qui me fait rêver et qui me manque quand j’en suis loin.merci tu m’as tiré la larme

  33. Arisa

    J’ai vecu a Brest pendant 9 mois et je trouve qu’elle est tres belle et ce que j’aime le plus a Brest c’est la vie qu’il y a . La ville est tellement vivante avec les jeunes qui lui donnent la couleur qu’elle n’a peut-être pas. Tu as un vrai talent en ecriture tu devrais ecrire autre chose que des articles , des livres peut-être. ❤❤

  34. MaggieBzh

    Aaaah, Brest…
    La ville de mon lycée, de mon bac, de mes études, de mes premières amours, de mes vrais coups durs, de mon premier boulot, de mon premier appart, de ma première fille…
    J’ai quitté Brest, après y avoir traîné mes guêtres pendant plus de 10 ans…
    Je ne regrette pas d’en être partie mais j’y retourne toujours avec plaisir, voire même avec émotion…
    (Quant à la librairie Dialogue, l’ami Charles n’a jamais voulu m’y embaucher… Bouuuuh… 🙂 )

  35. Dominique

    Moi qui suis Bruxelloise et qui ai la plus belle place du monde au centre de ma ville, je suis tombée sous le charme de Brest, son atmosphère particulière, ses couleurs, le port, la rade, bref tout ce dont vous parlez si bien, j’y retourne bientôt et avec grand plaisir!

  36. Jérôme

    Si y a un truc vraiment agréable a Brest c’est l’air marin, quel plaisir quand on arrive au terminus du chemin de fer, on sort du train et on respire et qu’elle vue.
    Paris est plus belle mais l’air y est vicié sauf en juillet/août.

  37. J’adore ton article. Je viens uniquement à Brest pour y faire du shopping mais grâce à ton billet j’ai envie de venir pour me balader et découvrir autre chose…
    Merci

  38. Aaaaah mais chut ! Mais vous n’avez donc pas compris ? Si on dit qu’il pleut tout le temps en Bretagne et que Brest est moche, ce n’est pas parce que c’est vrai ! C’est pour éviter d’être (trop) envahis par la foule 😉

    • Oui je sais je sais… Mais bon, c’était plus fort que moi, j’avais envie de dire la vérité 😉

      • Mlle O.

        Je comprends =) Mes études m’ont obligée à quitter Brest pour venir à Rennes. Sur le coup j’étais contente. Je me disais « Ras la soupière de voir de la pluie ! En plus c’est moche ici ! ». Comme vous quoi ! Mais les rennais… Je ne les supporte pas… C’est pas leur faute hein mais bon… Du coup comme j’ai fini mes études, j’essaie d’encourager Monsieur mon compagnon à faire machine arrière pour revenir tout à l’Ouest… Croisons les doigts !

  39. Yves de Tréguier

    Comme je suis d’accord! Brest, la ville de mes vacances… Un petit gars venant d’un coin perdu du Tregor était ébloui par les vacances à Kergoat, Bellevue, kerhalet, etc. Sans parler de la rue de Siam, du restaurant du départ, du Sam, et des excursions au Conquet…

  40. Florent

    Merci.

    Tu as su trouver les mots pour décrire cette ville que j’aime tant. Tu as su trouver les mots pour dire ce que tous les Brestois expatriés pensent et ce à quoi je rêve la nuit au bord du Rhône. Tu as su trouver les mots pour percer la carapace que j’avais érigée autour de mon coeur pour ne pas être triste d’en être tant éloigné. Tu as su trouver les mots pour apaiser mon mal du pays.

    Et même si aujourd’hui je ne suis pas prêt d’y retourner, j’ai ces images gravées dans ma mémoire. Un jour j’y reviendrais. Un jour j’entrerais de nouveau dans cette ville qui a bercé ma jeunesse, tel l’enfant perdu qui revient à la maison après des années d’errance.

    Merci à toi pour ce vibrant article.

    Bon vent =)

  41. Pierre B

    Salut à toi !
    Je trouve ton billet tout simplement magnifique et je ne comprend pas les personnes qui peuvent penser que tu est payée par je ne sais qui ! Tu as su trouver les mots pour définir cette ville si merveilleuses et son ambiance extraordinaire ! J’ai passé des soirées inoubliables au Tour Du Monde ou encore à la Guarida ! Brest est une ville tout simplement magnifique, avec ses ciels qui m’émerveillaient quand je descendais la rue du château pour aller a l’école tout les matins, ces habitants chaleureux, toujours tout sourire malgré les intempéries qui arrivent parfois violentes en hiver. J’aime Brest, cette ville qui nous surprend sans cesse avec sa météo mêlant parfois trois saisons en quelques heures. J’aime ma ville que jai du quitter pour Lesneven (pas très long au nord ) mais où je reviens sans cesse faire de la voile les week end à beau temps ! Bref, je tenais a te remercier chaleureusement de nous avoir emporté dans la beauté incontestable de cette ville incroyable !

  42. Serge Darmanin

    Né à Brest, j’y ai vécu mon enfance, mon adolescence ainsi qu’une partie de ma vie active…
    Fasciné dès mon plus jeune âge par ma ville dont les souffrances de la guerre m’étaient contées par ma grand mère Tréguier, je ne me lassais pas d’arpenter les rues de ses quartiers qui ont fait l’histoire.
    Jeunesse heureuse ou tous les étés nous plantions nos tentes avec quelques familles Brestoises à Bertheaume, notre « station balnéaire » de l’époque.
    Je pourrais écrire, écrire encore et encore sur la beauté des paysages, les contrastes, l’éveil des sens suscité par Brest tournée vers l’immensité…
    Parti au début des années 80, je reviens régulièrement pour ma « bresthérapie », proche de la fin de mon activité professionnelle, le retour est proche !!!!!!!!
    Le côté nostalgique de mon propos n’est que l’expression de l’attachement à ma ville si souvent dénigrée, mal connue, reconnue et puis ce désir croissant de revenir y vivre.
    Merci pour votre « lettre » touchante, émouvante,
    A bientôt Brest !!!!!!!!!

  43. Laure

    Bonjour,
    Très touchant ce billet sur Brest!!! J’ai eu des frissons en le lisant… Brestoise de naissance et j’y vis toujours!!! Je suis attachée à cette ville malgré sa grisaille, son vent… Quand le soleil fait son apparition, je la trouve très lumineuse… ICI C’EST BREST!!!!

  44. Mika

    Merci Marie !

  45. Perrine

    Ca fait déjà quelques mois que je rêve de partir m’installer dans cette magnifique ville poétique (je suis de Lorient mais je vis à Rennes) et ton article m’a conforté dans mon choix alors merci infiniment!

  46. Nezar

    Brest est belle, c’est le bout du monde , que ce que c’est beau de la voir en gris argenté puis elle tarde pas a se revolter le soleil en or
    ca nous manque ces moments dans la plus belle (mouche) ville au monde

  47. Merci, merci pour ce beau texte sur Brest que j’aime… (Voir mon avatar, je suis d’ici, tout près)

  48. Nicolas

    Merci pour vos très beaux mots .

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